Ricardo Brey - Belgique

Keep your lamp trimmed

2016

Photo imprimée sur toile, 14 collages classés sur carton, corne oryx et dés sur toile - 60 x 90 x 13 cm sur 80 x 102 x 19 cm

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©WE DOCUMENT ART, Courtesie de l’artiste et Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles
Selon lui, le lien construction/destruction sous-tendu dans ses créations, illustre la vitalité qui, au contraire, anime ses travaux. Pour s’en expliquer, il prend comme exemple l’installation (Sans-Titre) qu’il présenta, en 1992, à la Documenta IX qui associait des fragments d’animaux mis en mouvements par l’action de ventilateurs. Pour lui, ce ballet voltigeant de plumes et de rubans était en soi une négation de la mort. Selon l’artiste, l’installation de Kassel, comme celles qui lui succèderont, n’a pas « l’inertie commune des natures-mortes ».

L’ode à la vie de Ricardo Brey s’incarne de la façon la plus éloquente dans le recyclage même des objets périmés, fil rouge de son œuvre poétique et spirituelle. Celui-ci, en offrant une seconde vie aux matériaux hétéroclites, entretient une filiation historique avec Duchamp, Joseph Beuys et l’Arte Povera qui furent des sources d’inspiration pour le plasticien cubain. Ses œuvres, de prime abord d’apparence chaotique, flirtent toutes avec l’idée de l’accident, de la rencontre fortuite entre matériaux, formes et textures qu’à priori tout oppose, mais dont la confrontation, mise en scène par Ricardo Brey, est créatrice de sens et donne corps à une mythologie personnelle en constante évolution.
Last but not least, les dernières recherches de Ricardo Brey font appel à la photographie. Il utilise le médium en l’associant aux objets qu’il recycle de manière à composer des sortes « photos-sculptures », soumises aux mêmes artifices de mise en scène que ses installations, tels que ses clichés de souches d’arbres exposés actuellement au Musée des Beaux-arts de la Havane. Dans cette série, l’importance donnée au détail renforcée par la taille du format, et la technique d’impression sur toile, rejoignent l’approche naturaliste propre à Ricardo Brey. Ce dernier aime à décrire celle-ci comme « organique », car pour l’artiste cubain, rappelons-le, il y a la vie dans toute chose. Ricardo Brey, en chaman démiurge, nous le démontre un peu plus à chacune de ses nouvelles expérimentations artistiques.

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