Bâche polyane dépliée quatre plis
Bois de tilleul
138 x 144 x 6 cm
Christian Renonciat sculpte le bois depuis les années 1970, avec pour prédilection des essences pauvres comme le tilleul, le peuplier ou l’ayous. Sans qualité particulière, ces bois légers font office de pages blanches, offrant toute liberté à l’artiste pour s’emparer de la matière. Renonciat pratique la taille directe, c’est-à-dire la sculpture à même le bois, faisant émerger sa forme à l’aide de divers outils sans recourir à un modèle. Tout en troublant quelques instants notre perception, la matière bois des œuvres reste reconnaissable, et l’échelle des modestes objets choisis par Renonciat – carton, papier, bâche – varie par rapport à la réalité. Ses œuvres sont moins des trompe-l’œil que des restitutions sensibles. Refusant la « performance de la représentation »,1 l’artiste veut « présenter au regard de la matière à sentir, du grain à émotion »,2 en faisant appel à nos corps, nos sens et à nos souvenirs. Avec cette œuvre, nous nous retrouvons ainsi face à une bâche polyane, c’est-à-dire plastique, au rendu lisse et luisant. Cet effet est obtenu grâce à une technique artisanale d’ébénisterie remontant au XVIIIème siècle : le vernis au tampon, fréquemment utilisée par l’artiste. Un savoir-faire ancien, nous donnant ici à percevoir une matière industrielle et contemporaine.
1 In « Sérieux-léger », entretien entre Christian Renonciat et Paul Ardenne, Christian Renonciat, éd. Galerie Guillaume, 2021, p.13
2 Ibid., p 16